mardi 16 septembre 2014

Le livre du mardi - O livro da terça feira (6)

LES FLEURS DU MAL
(1857)


Unique recueil de poèmes en vers de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal englobent la quasi-totalité de sa production poétique, de 1840 jusqu'à sa mort survenue fin août 1867.
Publié le 25 juin 1857, réédité dans des versions différentes en 1861, 1866 puis 1868, ce recueil est l’une des œuvres majeures de la poésie moderne. Ses quelque 150 pièces, empreintes d’une nouvelle esthétique où l'art poétique juxtapose une réalité souvent crue – voire triviale – à la beauté la plus ineffable, exerceront une influence considérable sur des poètes ultérieurs aussi éminents que Paul Verlaine, Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé.


Première édition (1857)

La publication des Fleurs du mal aura lieu par étapes. Pas moins de quatre éditions, à chaque fois différentes, se succéderont en l'espace d'onze ans, de 1857 à 1868 - année suivant la mort de l'auteur.
Le 4 février 1857, Baudelaire remet son manuscrit, contenant 100 poèmes, à l'éditeur Auguste Poulet-Malassis3, installé à Alençon. Tirée à 1 300 exemplaires, cette première édition est mise en vente le 25 juin. Ses « fleurs maladives » sont dédiées au poète Théophile Gautier4, qualifié par Baudelaire, dans sa dédicace, de « parfait magicien des lettres françaises » et « poète impeccable ».
Le 5 juillet 1857, dans le Figaro, un article de Gustave Bourdin critique « l’immoralité » des Fleurs du Mal. Mais le 14 juillet, Le Moniteur universel publie un article élogieux d’Édouard Thierry.

(Charles Baudelaire - Peinture de Gustave Courbet)
Titre

Dès 1845, un recueil de quelque 26 poèmes fut annoncé sous l'intitulé « Les Lesbiennes ». À partir de 1848, Baudelaire y substitua le titre « Les Limbes ». Mais il dut l'abandonner à regret (il en appréciait les résonnances théologiques), un recueil du même nom, poésies intimes du bien oublié Georges Durand12, étant déjà paru en mai 185213.
Ce n'est qu'en 1855 que Baudelaire choisit « Fleurs du Mal » pour intituler 18 poèmes parus, le 1er juin, dans la Revue des deux Mondes. Dès lors, ce titre s'imposera définitivement.
À l'âge de 18 ans, Baudelaire avait envoyé par lettre, à sa mère, un « bouquet de fleurs singulières » : des poèmes14.
Dans l'un de ses projets de préface, Baudelaire précise, non sans ingénuité feinte ni malicieuse provocation : « Il m'a paru plaisant, et d'autant plus agréable que la tâche était plus difficile, d'extraire la beauté du Mal. Ce livre, essentiellement inutile et absolument innocent, n'a pas été fait dans un autre but que de me divertir et d'exercer mon goût passionné de l'obstacle »15.
Le titre laisse entendre que les voies du Beau et du Bien ne convergent pas nécessairement16 (« Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme / Ô Beauté ? » - Hymne à la beauté ), et que l'artiste revendique toute liberté d'investigation créatrice.

Structure

Le poète divise son recueil en six parties : Spleen et Idéal, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du Mal, Révolte et La Mort. Un premier poème, Au Lecteur, sert de prologue. Cette construction reflète le désir d'ascèse de Baudelaire, sa quête d'absolu. Spleen et idéal dresse un constat sans concession du monde réel : c'est une source d'affliction et de blessures (le spleen), qui suscite chez Baudelaire un repli sur soi mais aussi le désir de reconstruire mentalement un univers qui lui semble viable. Les trois sections suivantes constituent autant de tentatives d'atteindre cet idéal. Le poète se noie dans la foule anonyme du Paris populaire et grouillant où il a toujours vécu (Tableaux parisiens), s'aventure dans des paradis artificiels résumés par Le Vin et sollicite des plaisirs charnels qui s'avèrent source d'un enchantement suivi de remords (Fleurs du Mal). Ce triple échec entraîne le rejet d'une existence décidément vaine (Révolte), qui se solde par La Mort.

lundi 15 septembre 2014

La musique du lundi - A música da segunda feira (6)

MA PRÉFÉRENCE
J. L. Dabadie/Julien Clerc


Je le sais
Sa façon d'être à moi, parfois
Vous déplait
Autour d'elle et moi le silence se fait
Mais elle est
Ma préférence à moi...
Oui, je sais
Cet air d'indifférence qui est
Sa défense
Vous fait souvent offense...
Mais quand elle est
Parmi ses amis de faïence
De faïence
Je sais sa défaillance...

Je le sais
On ne me croit pas fidèle à
Ce qu elle est
Et déjà vous parlez d'elle à
L'imparfait
Mais elle est
Ma préférence à moi...
Il faut le croire
Moi seul je sais quand elle a froid
Ses regards
Ne regardent que moi
Par hasard
Elle aime mon incertitude
Par hasard
J'aime sa solitude...

Il faut le croire
Moi seul je sais quand elle a froid
Ses regards
Ne regardent que moi
Par hasard
Elle aime mon incertitude
Par hasard
J'aime sa solitude...

Je le sais
Sa façon d'être à moi, parfois
Vous déplaît
Autour d'elle et moi le silence se fait
Mais elle est
Elle est ma chance à moi
Ma préférence à moi

Ma préférence à moi...


(Julien Clerc)

vendredi 12 septembre 2014

Le film du vendredi - O filme da sexta feira (5)

UM HOMME ET UNE FEMME
(1966)


Un homme et une femme est un film français de Claude Lelouch, sorti en 1966. Claude Lelouch en est à la fois le réalisateur, coscénariste, producteur, et directeur de la photographie.
Le film eut un énorme impact international. Par exemple, il éblouit Charles Bremner, correspondant du Times, qui quitta l'Australie et s'installa en France1.
Claude Lelouch réalisa une suite en 1986 : Un homme et une femme : Vingt ans déjà.


Résume

Un homme et une femme, tous deux veufs inconsolables, se rencontrent, se croisent et finissent par s'aimer d'un amour fulgurant et passionné.

Trailer (en français)



(Claude Lelouch sur le tournage du film en 1966)

jeudi 11 septembre 2014

Le lieu du jeudi - O lugar da quinta feira (5)

LA CATÉDRALE BASILIQUE DE SAINT DENIS


L'ancienne abbaye royale de Saint-Denis a illuminé des siècles durant l'histoire artistique, politique et spirituelle du monde franc. Citons, notamment, la bibliothèque du monastère qui, à la fin du Moyen Age, est la plus importante du royaume. L'église abbatiale a été dénommée « basilique » dès l'époque mérovingienne. Ce qualificatif s'applique dès le IV e siècle aux églises dont le plan reprend celui des bâtiments civils romains où l'on pratiquait le commerce et où l'on rendait la justice, souvent édifiées à l'extérieur des villes et sur la tombe d'un saint. Elles sont fréquemment à l'origine du développement d'un quartier ou d'un bourg, comme la ville de Saint-Denis, qui se constitua autour de l'abbaye et de son potentiel économique.


Choeur, déambulatoire et chapelles rayonnantes. La contruction du chevet a été entreprise par l'abbé Suger, de 1140 à 1144. L'église s'élève sur l'emplacement d'un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis martyrisé vers 250. Outre une crypte carolingienne, vestige de l'édifice consacré par Charlemagne en 775, la basilique conserve le témoignage de deux bâtiments déterminants pour l'évolution de l'architecture religieuse : le chevet de Suger (1144), qui constitue un véritable hymne à la lumière, manifeste du nouvel art gothique et la partie reconstruite, au temps de Saint Louis, dont le transept, d'une ampleur exceptionnelle, était destiné à accueillir les tombeaux royaux.

(Nécropole de la Basilique de Saint Denis)

 Vue générale de la nef. Les reconstructions de la partie supérieure du chevet de Suger et du vaisseau ainsi que l'ajout d'un transept ont été lancés et suivis par les abbés Eudes Clément puis Matthieu de Vendôme dès 1231. Les travaux s'échelonnent sur tout le XIIIe siècle. 
Les reconstructions de la partie supérieure du chevet de Suger et du vaisseau ainsi que l'ajout d'un transept ont été lancés et suivis par les abbés Eudes Clément puis Matthieu de Vendôme dès 1231. Les travaux s'échelonnent sur tout le XIIIe siècle. 
Lieu de mémoire, dès le haut Moyen Age, le monastère dionysien a su lier son destin à celui de la royauté s'affirmant peu à peu comme le lieu de sépulture privilégié des dynasties royales à la faveur du culte de saint Denis. Quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes et princesses, dix grands du royaume y reposèrent. Avec plus de soixante-dix gisants et tombeaux monumentaux, la nécropole royale de la basilique s'impose aujourd'hui comme le plus important ensemble de sculpture funéraire du XII e au XVI e siècle.Vue de la nécropole royale. Côté nord de la basilique. Mais la basilique de Saint-Denis n'a pas été dès l'origine de la royauté franque considérée comme le ' cimetière aux rois ', comme l'avait défini un chroniqueur du XIII e siècle. Jusqu'au X e siècle, l'abbaye royale a été en âpre concurrence avec de nombreuses autres nécropoles, notamment Saint-Germain-des-Prés. Lors de l'avènement des Capétiens en 987, le rôle de nécropole royale s'affirme et la plupart des souverains y reposeront jusqu'au XIX e siècle ; même si pour des raisons politiques, religieuses ou personnelles, quelques rois comme Philippe Ier en 1108, Louis VII en 1180, Louis XI en 1483, Charles X en 1836 et Louis-Philippe en 1850 seront inhumés dans d'autres lieux. Louis XVIII, mort en 1824, est le dernier roi à reposer dans la basilique.

(Service du 21 janvier 1816)

Les souverains ont toujours été au cours de l'histoire en quête de légitimité, ce qui explique pour partie leur volonté de reposer auprès des reliques de saint Denis, Rustique et Eleuthère, (tous trois ayant été martyrisés ensemble). Par l'intermédiaire de la puissance des saints martyrs, le roi pensait ainsi acquérir pouvoir et protection pendant sa vie, notamment au cours de ses batailles, et selon la croyance, accéder directement au Paradis.
Copie du XIXe siècle de l'oriflamme de Saint-Denis. La bannière sera levée pour la première fois par Louis VI en 1124, et pour la dernière fois en 1418. Cri de ralliement des chevaliers sur les champs de bataille du XII e et XIII e siècle, inscrit sur la bannière de couleur écarlate parsemée de flammes d'or du fameux oriflamme de Saint-Denis. « Montjoie saint Denis » devient la devise du royaume de France, qui se place ainsi sous la protection du saint tutélaire du royaume : saint Denis. Cet étendard est une belle image de l'union personnelle entre l'abbaye, le saint patron et le roi. Cette enseigne était systématiquement levée en temps de guerre par les souverains qui venaient la recueillir des mains de l'abbé sur l'autel des saints martyrs. Elle est un des objets majeurs de l'épopée médiévale autour duquel se forme un premier sentiment national. Une copie subsiste dans la basilique.
Saint Louis prend l'oriflamme à Saint-Denis, en 1248.  La guerre de Cent Ans, les guerres de Religion, les troubles politiques contribuent au déclin de l'abbaye royale de Saint-Denis bien avant que la Révolution ne le précipite. En 1793, les révolutionnaires s'attaquent aux symboles de la monarchie mais la basilique échappe à la destruction totale. En 1806, Napoléon Ier ordonne la restauration du bâtiment. Puis Louis XVIII restitue à l'abbatiale son rôle de nécropole. Les travaux de restauration se poursuivent tout au long du XIX e siècle et sont dirigés par les architectes Debret puis Viollet-le-Duc à partir de 1846.


En 1966, la basilique devient cathédrale, nom dérivé de "cathedra", siège de l'évêque qui s'y trouve. Une copie du trône de Dagobert, dont l'original se trouve au cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale, est actuellement utilisée à Saint-Denis par l'évêque comme siège épiscopal.




mercredi 10 septembre 2014

Le personnage du mercredi - A personagem da quarta feira (5)

CHARLES DE GAULLE



 Charles de Gaulle, souvent nommé le général de Gaulle, né le 22 novembre 1890 à Lille et mort le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises, est un général, résistant, écrivain et homme d'État français. Il est à la tête de la France du 3 juin 1944 au 20 janvier 1946 en exerçant le poste de premier président du Gouvernement provisoire de la République française, puis du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969 en tant que 18e président de la République française.

Chef de la France libre puis dirigeant du Comité français de Libération nationale pendant la Seconde Guerre mondiale, président du Gouvernement provisoire de la République française de 1944 à 1946, président du Conseil des ministres français de 1958 à 1959, instigateur de la Ve République fondée en 1958, il devient le 18e Président de la République française du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969. Il est le premier à occuper la magistrature suprême sous la Cinquième République.


Élevé dans une culture de grandeur nationale, Charles de Gaulle choisit la carrière d'officier. Prisonnier lors de la Première Guerre mondiale, il sert et publie dans l'entourage de Philippe Pétain, prônant l'usage des divisions blindées dans la guerre moderne auprès de personnalités politiques. En mai 1940, colonel, il est placé à la tête d'une division blindée et mène plusieurs contre-attaques pendant la bataille de France ; il est promu général de brigade à titre temporaire le 25 mai 1940. Il est nommé sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale dans le gouvernement Reynaud, pendant l'exode de 1940.

Il rejette l'armistice demandé par Pétain à l'Allemagne nazie. De Londres, il lance, à la BBC, l'appel du 18 juin 1940 au peuple français pour résister et rejoindre les Forces françaises libres. Condamné à mort, et déclaré déchu de la nationalité française par décret du 8 décembre 1940 par le régime de Vichy, il veut incarner la légitimité de la France et être reconnu en tant que puissance par les Alliés. Ne contrôlant que quelques colonies mais reconnu par la Résistance, il fusionne, en 1943, la France libre au sein du Comité français de Libération nationale, dont il finit par prendre la direction. Il dirige le pays à la Libération. Favorable à un exécutif fort, il s'oppose aux projets parlementaires des partis et démissionne en 1946. Il fonde le Rassemblement du peuple français (RPF), mais son refus de tout compromis avec le « régime des partis » l'isole dans une traversée du désert.

(L'appel du 18 juin à la radio anglaise) 

De Gaulle revient au pouvoir lors de la crise du 13 mai 1958, pendant la guerre d'Algérie. Investi président du Conseil, il fait approuver la Ve République. Élu président de la République, il veut une « politique de grandeur » de la France. Il affermit les institutions, la monnaie (nouveau franc) et donne un rôle de troisième voie économique à un État planificateur et modernisateur de l'industrie. Il renonce par étapes à l'Algérie française, malgré l'opposition des Pieds-Noirs et des militaires, qui avaient favorisé son retour. Il décolonise aussi l'Afrique noire, en y maintenant l'influence française. De Gaulle prône l'« indépendance nationale » en rupture avec le fédéralisme européen et le partage de Yalta : il préconise donc une « Europe des nations » qui irait « de l'Atlantique à l'Oural », réalise la force de dissuasion nucléaire française, retire la France du commandement militaire de l'OTAN, pose un veto à l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne, soutient le « Québec libre », condamne la guerre du Viêt Nam et reconnait la Chine communiste.

Sa vision du pouvoir, c'est-à-dire un chef directement approuvé par la Nation, l'oppose aux partis communiste, socialiste, centristes pro-européens et d'extrême droite, qui critiquent un style de gouvernance trop personnel, voire un « coup d'état permanent », selon la formule de François Mitterrand. Il est réélu en 1965 au suffrage universel direct. Il surmonte la crise de mai 68 après avoir semblé se retirer, convoquant des élections législatives qui envoient une écrasante majorité gaulliste à l'Assemblée nationale. Mais en 1969 il engage son mandat sur un référendum (sur la réforme du Sénat et la régionalisation) et démissionne après la victoire du « non ». Il se retire dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Églises où il meurt, dix-huit mois plus tard.

(Churchill et De Gaulle) 


Charles de Gaulle, considéré comme l'un des dirigeants français les plus influents de son siècle, est aussi un écrivain de renom. Il a notamment écrit des Mémoires, dans lesquels il s'identifie à « une certaine idée de la France ».

mardi 9 septembre 2014

Le livre du mardi - O livro da terça feira (5)

LE VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT
(1932)


Voyage au bout de la nuit est le premier roman de Céline, publié en 1932. Ce livre manqua de deux voix le prix Goncourt mais obtint le prix Renaudot.
Le roman est surtout connu pour son style, imité de la langue parlée et teinté d'argot, qui a largement influencé la littérature française contemporaine. Il s'inspire principalement de l'expérience personnelle de Céline à travers son personnage principal Ferdinand Bardamu : Louis-Ferdinand Céline a participé à la Première Guerre mondiale en 1914 et celle-ci lui a révélé l'absurdité du monde. Il ira même jusqu'à qualifier la guerre d' « abattoir international en folie ». Il expose ainsi ce qui est pour lui la seule façon raisonnable de résister à une telle folie  : la lâcheté. Il est hostile à toute forme d'héroïsme, celui-là même qui va de pair avec la guerre. Pour lui, la guerre ne fait que présenter le monde sous la forme d'un gant qu'on aurait retourné et dont on ne verrait que l'intérieur, ce qui révèle la trame du livre : la mise en évidence de la pourriture.


Résumé

Paris, place de Clichy, 1914. Envoûté par la musique d'une parade militaire, Ferdinand Bardamu, jeune rebelle, décide, par excès d'héroïsme, de s'engager dans la guerre contre les Allemands. Mais au front, c'est l'enfer et l'absurdité. Il perd vite son enthousiasme et découvre avec épouvante les horreurs de la guerre. Il ne comprend plus pourquoi il doit tirer sur les Allemands. Il prend aussi conscience de sa propre lâcheté.
On lui confie une mission de reconnaissance. Lors d'une nuit d'errance, il rencontre un réserviste nommé Robinson qui cherche à déserter. Ils envisagent de s'enfuir, mais leur tentative échoue. Blessé, traumatisé à jamais par la guerre, Bardamu revient à Paris pour être soigné. On lui remet une médaille militaire. Lors de cette cérémonie, il fait la connaissance de Lola, une jeune et jolie infirmière américaine. Bardamu est soigné dans différents hôpitaux. Il prend conscience des avantages et profits que tirent de la guerre tous ceux qui y ont échappé.
Lola, compagne futile et légère, le quitte. Il rencontre alors Musyne, une jeune violoniste. Ils ont une aventure, mais, un jour de bombardement, elle l'abandonne.
Réformé, Bardamu décide de partir pour l'Afrique. Il y découvre les horreurs de l'exploitation coloniale. Il retrouve Robinson, rencontré sur les champs de bataille, et lui succède en reprenant la gérance d'un comptoir commercial. Il tombe malade et connaît des crises de délire.
Il quitte l'Afrique à demi-mort à bord d'un bâtiment espagnol qui a tout d'une galère. Ce bateau l'emmène jusqu'à New-York . Dès son arrivée, il est placé en quarantaine . Dans cette ville à laquelle, il a tant rêvé, il ne connaît que solitude et pauvreté. Il part à Détroit pour y travailler. Il rencontre Molly, une prostituée généreuse qui le délivre de l'enfer de l'usine Ford . Molly aime Bardamu , l'entretient et lui propose de partager son bonheur. Mais son désir d'explorer plus avant l'existence le pousse à renoncer à cette femme généreuse. Il quitte les Etats-Unis et revient à Paris. Il rentre le cœur gonflé et meurtri par toutes ces expériences.
Devenu médecin , mais menant une existence toujours aussi misérable, il s'installe à Rancy, banlieue triste et pauvre. Il y découvre les côtés les plus répugnants et les plus désespérants de la condition humaine. Il assiste impuissant à la mort de Bébert, un petit garçon qu'il aimait bien et que la science ne peut sauver. Puis il se retrouvé mêlé à une sordide histoire. Une famille de sa clientèle, les Henrouille, souhaitent se débarrasser de leur mère âgée. Ils font appel à Robinson qui accepte de tuer la vieille dame pour dix mille francs. Mais par maladresse, Robinson échoue et se blesse. Il perd provisoirement la vue. Bardamu soigne Robinson qui part ensuite s'exiler à Toulouse en compagnie de la mère Henrouille, sa victime rescapée.
Bardamu quitte Rançy et abandonne la médecine. Il devient figurant dans un spectacle de danse. Il se rend ensuite à Toulouse et retrouve Robinson. Il fait la connaissance de Madelon , sa fiancée et devient son amant. Il fait visiter avec la mère Henrouille un caveau plein de cadavres à des touristes. Mais la vieille dame tombe dans l'escalier, vraisemblablement poussée par Bardamu, et se tue. Robinson incite son compère à regagner Paris.
Il est engagé comme médecin dans un établissement psychiatrique dont le patron est le docteur Baryton. Les deux hommes sympathisent. 
Rapidement, Baryton sombre dans la folie et annonce à Bardamu sa décision de partir : " je vais renaître, Ferdinand." Il confie à Bardamu la direction de la clinique. Robinson reparaît au grand regret de son ami. Il a recouvré la vue et a quitté Madelon. Bardamu le cache dans sa clinique pour le soustraire à Madelon qui, amoureuse, le poursuit. Sophie, une superbe infirmière slovaque, qui est devenue la maîtresse de Bardamu, prêche pour la réconciliation entre Robinson et Madelon. Bardamu propose une sortie à la fête des Batignolles afin de réconcilier tout le monde. Robinson refuse les avances de Madelon dans le taxi et avoue son dégoût des grands sentiments Madelon le tue de trois coups de revolver. Après l'agonie de Robinson, Bardamu se retrouve seul en bordure d'un canal. Un remorqueur siffle au loin comme s'il souhaitait emmener avec lui tout ce qui existe : " tout , qu'on n'en parle plus."

(Fabrice Luchini au théâtre pour interpréter "L'arrivée à New-York" du "Voyage au bout de la nuit")

lundi 8 septembre 2014

La musique du lundi - A música da segunda feira (5)

BRÉSILIEN
Claude Nougaro/Gilberto Gil



Brésilien mon frère d'armes
Sur le parcours du cœur battant
Toi qui ris avec tes larmes
O toi qui pleures avec tes dents
Viens visiter l'occident
Ici les chanteurs de charme
Sont morts depuis bien longtemps
Brésilien mon frère d'armes
Sur le parcours du cœur battant
Toi qui ris avec tes larmes
Emperlant de dents tes cils
Débarque avec ton Brésil

Brésilien l'amour est rude
Voici l'herbe enlève les grains
Tu vas nous jouer l'étude
La douce étude du chagrin
Tu vas nous toucher un brin
Ta guitare plénitude
Libère-nous de nos freins
Brésilien l'amour est rude
Voici l'herbe enlève les grains
Ta guitare plénitude
Caresse-lui le nombril
Débarque avec ton Brésil

Brésilien la nuit est belle
Sous son grand loup de carnaval
Ta musique me ficelle
Tel un cordon ombilical
A son ventre de cristal
Dont le pistil n'étincelle
Que pour mon bonheur buccal
Brésilien la nuit est belle
Sous son grand loup de carnaval
Ta musique me ficelle
Comme un fils à son Brésil
Débarque avec ton Brésil
Débarque avec ton Brésil



(Claude Nougaro)

Ici, la version originale de Gilberto Gil :