LA CATÉDRALE BASILIQUE DE SAINT DENIS
L'ancienne abbaye
royale de Saint-Denis a illuminé des siècles durant l'histoire artistique,
politique et spirituelle du monde franc. Citons, notamment, la bibliothèque du
monastère qui, à la fin du Moyen Age, est la plus importante du royaume.
L'église abbatiale a été dénommée « basilique » dès l'époque mérovingienne. Ce
qualificatif s'applique dès le IV e siècle aux églises dont le plan reprend
celui des bâtiments civils romains où l'on pratiquait le commerce et où l'on
rendait la justice, souvent édifiées à l'extérieur des villes et sur la tombe
d'un saint. Elles sont fréquemment à l'origine du développement d'un quartier
ou d'un bourg, comme la ville de Saint-Denis, qui se constitua autour de
l'abbaye et de son potentiel économique.
Choeur, déambulatoire et chapelles rayonnantes. La contruction
du chevet a été entreprise par l'abbé Suger, de 1140 à 1144. L'église s'élève
sur l'emplacement d'un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis
martyrisé vers 250. Outre une crypte carolingienne, vestige de l'édifice
consacré par Charlemagne en 775, la basilique conserve le témoignage de deux
bâtiments déterminants pour l'évolution de l'architecture religieuse : le
chevet de Suger (1144), qui constitue un véritable hymne à la lumière,
manifeste du nouvel art gothique et la partie reconstruite, au temps de Saint
Louis, dont le transept, d'une ampleur exceptionnelle, était destiné à
accueillir les tombeaux royaux.
(Nécropole de la Basilique de Saint Denis)
Vue générale de la
nef. Les reconstructions de la partie supérieure du chevet de Suger et du
vaisseau ainsi que l'ajout d'un transept ont été lancés et suivis par les abbés
Eudes Clément puis Matthieu de Vendôme dès 1231. Les travaux s'échelonnent sur
tout le XIIIe siècle.
Les reconstructions de la partie supérieure du chevet de
Suger et du vaisseau ainsi que l'ajout d'un transept ont été lancés et suivis
par les abbés Eudes Clément puis Matthieu de Vendôme dès 1231. Les travaux
s'échelonnent sur tout le XIIIe siècle.
Lieu de mémoire, dès le haut Moyen Age, le monastère
dionysien a su lier son destin à celui de la royauté s'affirmant peu à peu
comme le lieu de sépulture privilégié des dynasties royales à la faveur du
culte de saint Denis. Quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois
princes et princesses, dix grands du royaume y reposèrent. Avec plus de
soixante-dix gisants et tombeaux monumentaux, la nécropole royale de la
basilique s'impose aujourd'hui comme le plus important ensemble de sculpture
funéraire du XII e au XVI e siècle.Vue de la nécropole royale. Côté nord de la
basilique. Mais la basilique de Saint-Denis n'a pas été dès l'origine de la
royauté franque considérée comme le ' cimetière aux rois ', comme l'avait
défini un chroniqueur du XIII e siècle. Jusqu'au X e siècle, l'abbaye royale a
été en âpre concurrence avec de nombreuses autres nécropoles, notamment Saint-Germain-des-Prés.
Lors de l'avènement des Capétiens en 987, le rôle de nécropole royale s'affirme
et la plupart des souverains y reposeront jusqu'au XIX e siècle ; même si pour
des raisons politiques, religieuses ou personnelles, quelques rois comme Philippe
Ier en 1108, Louis VII en 1180, Louis XI en 1483, Charles X en 1836 et
Louis-Philippe en 1850 seront inhumés dans d'autres lieux. Louis XVIII, mort en
1824, est le dernier roi à reposer dans la basilique.
(Service du 21 janvier 1816)
Les souverains ont toujours été au cours de l'histoire en
quête de légitimité, ce qui explique pour partie leur volonté de reposer auprès
des reliques de saint Denis, Rustique et Eleuthère, (tous trois ayant été
martyrisés ensemble). Par l'intermédiaire de la puissance des saints martyrs,
le roi pensait ainsi acquérir pouvoir et protection pendant sa vie, notamment
au cours de ses batailles, et selon la croyance, accéder directement au
Paradis.
Copie du XIXe siècle de l'oriflamme de Saint-Denis. La
bannière sera levée pour la première fois par Louis VI en 1124, et pour la
dernière fois en 1418. Cri de ralliement des chevaliers sur les champs de
bataille du XII e et XIII e siècle, inscrit sur la bannière de couleur écarlate
parsemée de flammes d'or du fameux oriflamme de Saint-Denis. « Montjoie saint Denis
» devient la devise du royaume de France, qui se place ainsi sous la protection
du saint tutélaire du royaume : saint Denis. Cet étendard est une belle image
de l'union personnelle entre l'abbaye, le saint patron et le roi. Cette
enseigne était systématiquement levée en temps de guerre par les souverains qui
venaient la recueillir des mains de l'abbé sur l'autel des saints martyrs. Elle
est un des objets majeurs de l'épopée médiévale autour duquel se forme un
premier sentiment national. Une copie subsiste dans la basilique.
Saint Louis prend l'oriflamme à Saint-Denis, en
1248. La guerre de Cent Ans, les guerres
de Religion, les troubles politiques contribuent au déclin de l'abbaye royale
de Saint-Denis bien avant que la Révolution ne le précipite. En 1793, les
révolutionnaires s'attaquent aux symboles de la monarchie mais la basilique
échappe à la destruction totale. En 1806, Napoléon Ier ordonne la restauration
du bâtiment. Puis Louis XVIII restitue à l'abbatiale son rôle de nécropole. Les
travaux de restauration se poursuivent tout au long du XIX e siècle et sont
dirigés par les architectes Debret puis Viollet-le-Duc à partir de 1846.
En 1966, la basilique devient cathédrale, nom dérivé de
"cathedra", siège de l'évêque qui s'y trouve. Une copie du trône de
Dagobert, dont l'original se trouve au cabinet des médailles de la Bibliothèque
Nationale, est actuellement utilisée à Saint-Denis par l'évêque comme siège
épiscopal.





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