mercredi 26 novembre 2014

Le personnage du mercredi - A personagem da quarta feira (16)

PHILIPPE IV LE BEL




Philippe IV de France, dit « Philippe le Bel » ou le roi de fer (né à Fontainebleau en avril/juin 1268 – mort à Fontainebleau le 29 novembre 1314), fils de Philippe III de France (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, fut roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.
Devenu roi à l'âge de dix-sept ans, à la mort de son père en octobre 1285, Philippe le Bel est considéré comme un monarque important par les historiens.
Sous son règne, le royaume de France atteignit l'apogée de sa puissance médiévale. Il était, avec plus de treize millions d'habitants, l'État le plus peuplé de la Chrétienté ; il connaît une grande prospérité économique ; le pouvoir royal accomplit de nombreux progrès, si bien qu'on voit dans Philippe IV, entouré de ses « légistes », le premier souverain « moderne » d'un État puissant et centralisé.
Et pourtant, d'autres constatations modifient cette vision de Philippe le Bel. De nombreuses mutations monétaires (dévaluations ou même, plus rarement, réévaluations) manifestent un profond malaise économique ; à la fin du règne, le déclin des foires champenoises concurrencées par le commerce maritime direct de l'Europe du Nord avec l'Italie, et, peu de temps après la mort du roi, la grande famine de 1315-1317, contribuent à entretenir une impression d’instabilité économique.
Plusieurs procès et scandales, privés ou politiques, entourent la figure de Philippe IV d'une aura douteuse. Sont souvent cités le procès de l’évêque de Troyes, Guichard, accusé d'avoir tué la reine par sorcellerie, le procès de l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, qui ne fit qu'aggraver les démêlés du roi avec le Saint-Siège, ou encore l'emprisonnement des brus du roi et l'exécution de leurs amants, mais surtout le célèbre procès des Templiers.


Enfin, Philippe IV reste un roi énigmatique, et les opinions à son sujet sont partagées. A-t-il été lui-même l'instigateur de la politique royale française de l'époque ou un roi indécis dirigé par ses conseillers et ministres ? Les chroniqueurs contemporains, pour la plupart hostiles aux aspects économiques et centralisateurs de la politique royale de Philippe le Bel, penchèrent pour la seconde hypothèse et firent du « roi de fer » un souverain mal conseillé. Selon d'autres avis, Philippe IV était un roi connaissant mal son royaume et incapable d'en maîtriser l'étendue.
Hormis ces incertitudes, Philippe le Bel est souvent entrevu comme un roi qui n'est plus celui du Moyen Âge « classique ». Bien qu'il ait été reconnu comme un souverain pieux et que son gouvernement ait continué l'évolution vers la centralisation de l'État amorcée un siècle plus tôt, bien qu'il ait eu une vénération spéciale pour son grand-père Louis IX dont il obtint la canonisation en 1297, Philippe IV apparaît comme un roi symbole d'une rupture avec le passé. Ses contemporains déplorèrent les détériorations survenues depuis « le temps de monseigneur Saint-Louis », considéré comme le bon temps ; on pressentit ainsi qu'avec ce roi d'un nouveau type, annonciateur d'une autre époque. Il ne faut pas cependant exagérer la « modernité » de Philippe le Bel.

(Sculpture de Sofi Waast, 2004)

Biographie

Philippe IV le Bel est le second fils de Philippe III le Hardi, après Louis (1264-1276). Il a deux frères utérins cadets, Robert (1269 - av. 1276) et Charles de Valois, comte de Valois. Par le remariage de son père, il a, en outre, trois autres frère et sœurs : Louis, comte d'Évreux, Marguerite de France qui épouse en 1299 Édouard Ier roi d'Angleterre et Blanche (1278-1306), qui épouse en 1300 Rodolphe III, duc d'Autriche.
Son père confie une partie de l'éducation du jeune Philippe à Guillaume d'Ercuis, son aumônier. À la différence de son père, Philippe le Bel reçoit par le soin de son précepteur une bonne éducation. Il comprend le latin et aime étudier.
Le 6 janvier 1286, à la cathédrale de Reims, Philippe IV le Bel est sacré et couronné par l'archevêque Pierre Barbet.

 (Le roi et ses enfants)

Personnalité

Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le « roi de marbre » ou « roi de fer », il se démarque par sa personnalité rigide et sévère. L'un de ses plus farouches opposants, l'évêque de Pamiers Bernard Saisset, dit d'ailleurs de lui : « Ce n'est ni un homme ni une bête. C'est une statue. » Philippe le Bel fut un roi qui souleva au cours de son règne beaucoup de polémiques, le pape Boniface VIII le traitant par exemple de « faux-monnayeur ».

Procès de l'ordre du Temple

Le procès de l'ordre du Temple est une affaire judiciaire internationale du XIVe siècle. L'ordre du Temple est accusé en 1307 par la royauté française de plusieurs chefs d'accusation comprenant l'hérésie, la simonie, la sodomie et l'idolâtrie. Cette affaire prend une ampleur particulière car elle met en cause un ordre militaire composé de religieux et également parce qu'elle est une des conséquences de la lutte entre le roi de France Philippe IV Le Bel et le pape Clément V. L'affaire débute au matin du 13 octobre 1307, et se termine avec la bulle papale Considerantes dudum fulminée par Clément V le 6 mai 1312 et la mort du maître de l'ordre Jacques de Molay sur le bûcher le 11 ou 18 mars 1314. Les biens de l'ordre sont dispersés dans les années qui suivent, notamment le 10 juin 1317 lorsque le pape Jean XXII reconnait par la bulle papale Ad fructus uberes l'existence de l'Ordre de Montesa dans le royaume d'Aragon, ainsi que le 14 mars 1319 en ce qui concerne l'Ordre du Christ dans le royaume du Portugal.

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