GARGANTUA
La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme, ou plus simplement Gargantua, est le deuxième roman de François Rabelais écrit en 1534. D’une structure comparable à celle de Pantagruel (1532), mais d’une écriture plus complexe, il conte les années d’apprentissage et les exploits guerriers du géant Gargantua. Plaidoyer pour une culture humaniste contre les lourdeurs d’un enseignement sorbonnard figé, Gargantua est aussi un roman plein de verve, d’une grande richesse lexicale, et d’une écriture souvent crue.
Rabelais a publié Gargantua sous le même pseudonyme que
Pantagruel : Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais) Abstracteur de
Quintessence.
(Portrait de Rabelais)
Origines
Le Gargantua mythique
En 1532 est publiée une œuvre anonyme, Les grandes et
inestimables chroniques : du grand et énorme géant Gargantua.
Il reprend un ancien fonds qui transparaît dans
d’innombrables traditions populaires. Derrière le géant truculent et glouton se
cacherait une très ancienne divinité gauloise nommée Gargan, apparemment
bienveillante, dont l'apparition remonte peut-être, comme l’édification des
pierres dressées, à une époque antérieure à celle des Celtes, comme le dit G.
E. Pillard dans Le vrai Gargantua. Mythologie d’un géant. Déjà George Sand
relevait, dans Les Légendes Rustiques : « je croirais que Gargantua est l’œuvre
du peuple et que, comme tous les grands créateurs, Rabelais a pris son bien où
il l’a trouvé. » Gargantua y est appelé le Fay et comme toutes les Fées -
Morgane la Fée est dite sa marraine - il a la maîtrise des formes et se
transforme tout particulièrement en Dragon, ce qui le rattache à la vouivre
représentant les énergies telluriques. Henri Dontenville et Henri Fromage lui
attribuent cette dimension de « dragon ».
Gargantua peut être vu par le peuple comme la
personnalisation d’une énergie gigantesque, mais bienfaisante qui ordonne le
chaos primordial. Dans ses voyages, il modifie les paysages en laissant tomber
le contenu de sa hotte. Les dépâtures de ses souliers donnent collines et
buttes, ses déjections forment des aiguilles et ses mictions des rivières !
Beaucoup de mégalithes sont des palets de Gargantua appelés chaise, fauteuil,
écuelle… C’est une énergie non consciente, mais orientée reconnue comme
bienfaisante. Les pierres de Gargantua donnent lieu à des cultes de fécondité
et sa troisième jambe est célèbre ! Voir en cela le géant de 54 mètres gravé
sur la pente de Cerne Abbas dans le Dorset en Grande-Bretagne. C’est une
divinité phallique qui sera aussi représentée sous forme anguipède, avec
parfois une tête de bélier.
(Naissance de Gargantua)
Le christianisme le diabolisa en baptisant les lieux,
gouffres, chaos rocheux, pierres dressées dits de Gargantua en lieux, gouffres,
chaos, pierres du diable. Dans le même temps, il est christianisé en saint
Gorgon qui le remplace pour le culte de la fécondité, comme à Rouen. Le Mont
Saint-Michel était un ancien lieu de culte à Gargantua et l’îlot Tombelaine
serait la sépulture de Gargamelle. Beaucoup de monts Gargans ont, comme lui, un
rapport avec l’Archange saint Michel, ainsi en est-il à Rouen du quartier
encore appelé Mont Gargan et, sur les hauteurs de la côte Sainte-Catherine, se
trouve un prieuré Saint-Michel. L’église Saint-Paul du Neubourg, dans l’Eure
possède un vitrail intitulé « Le triomphe de Saint-Michel » et la scène du bas
représente « Comment Saint-Michel apparu à l’évêque Sipoim au Mont Gargan ». Le
plus beau sommet du bas Limousin (732 m), à proximité de Limoges, porte le nom
de mont Gargan (Gergan en occitan). À Bordeaux, sur la porte sud de l’église
Saint-Michel, figure le miracle du mont Gargan. Il existe encore en France
d’autres monts Gargan, près de Neufchâtel-en-Bray, à Haudivillers près de Beauvais,
en Tarentaise, à Saffré en Loire-Atlantique, sur le causse Méjean…, sans
compter les rivières Gargas, Gargelle ou Jarjattes, les grottes comme la grotte
préhistorique de Gargas, célèbre pour les traces de mains qu’on y trouve.
Nostradamus, dans Centuria IX, quatrain 62, lie mont Gargan et apparitions de
saint Michel. Enfin, le Monte Gargano des Pouilles italiennes est devenu
également un haut-lieu de saint Michel.
Il est tout à fait vraisemblable que ces toponymes soient
des rappels de ce géant populaire sur tout le terroir français.




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