LA CHANSON DE
ROLAND
(1170)
La Chanson de Roland est un poème épique et une chanson de geste du XIIe siècle attribué sans certitude à Turold (la dernière ligne du manuscrit dit : Ci falt la geste que Turoldus declinet). Neuf manuscrits du texte nous sont parvenus, dont un (manuscrit d'Oxford du début du XIIe siècle, le plus ancien et le plus complet) est en anglo-normand. Ce dernier, redécouvert par l'abbé de La Rue en 1834, est considéré par les historiens comme étant l'original. C'est donc lui que l'on désigne quand on parle sans autre précision de la Chanson de Roland. L'auteur de cette chanson de geste est aujourd'hui encore inconnu.
La Chanson de Roland comporte environ 4 000 vers (dans sa
version la plus ancienne ; elle en compte 9 000 pour un manuscrit de la fin du
XIIIe siècle) en ancien français répartis en laisses assonancées, transmises et
diffusées en chant par les troubadours et jongleurs. Elle relate, trois siècles
après, le combat fatal du chevalier Roland (ou Hroudland), marquis des marches
de Bretagne et de ses fidèles preux contre une armée Vasconne à la bataille de
Roncevaux en représailles au pillage de Pampelune.
C'est un exemple classique de chanson de geste (du latin
gesta « action aventureuse ») par le glissement de l'Histoire à la légende, et
par la célébration épique des vertus de la chevalerie, de l'honneur féodal et
de la foi.
(Manuscrit d'Oxford)
Fondement historique
Selon les Annales carolingiennes (ou Vita Caroli, « Vies
de Charlemagne ») du chroniqueur Eginhard, après une campagne en Espagne,
l'arrière-garde de Charlemagne, menée par le gouverneur de la marche de
Bretagne, Roland, doit faire face à une attaque surprise des Vascons dans un
col des Pyrénées (ce n'est que dans les manuscrits postérieurs qu'apparaîtra le
col de Roncevaux) le 15 août 778. Les Francs sont massacrés jusqu'au dernier.
La plupart des historiens s'accordent maintenant pour
dire qu'à la bataille de Roncevaux, les chevaliers carolingiens ont, en fait,
affronté la milice vasconne (basque) (ou les Gascons selon Robert Lafont) et non
l'armée sarrasine.
En Catalogne, où son nom apparaît beaucoup dans la
toponymie, Roland (Rotllà, Rutlan) est un puissant géant mythique. Au Pays
basque, à Itxassou et dans le département du Nord existent deux lieux nommés
Pas de Roland. Si en Pays basque il s'agit d'un trou dans la roche, rond et
vertical, qui résulte selon la légende d'un coup de sabot donné par le cheval
de Roland qui lui ouvrit un passage pour fuir les Vascons, dans le Nord il
désigne un lieu censé être une immense trace de sabot du destrier.
(Mort de Roland - Jean Fouquet, 1455)
Découverte de la chanson
Henri Monin découvrit, en 1832, un poème nommé "La
chanson de Roland" dans la Bibliothèque du roi. Francisque Michel donne
une première édition du texte en 1837 qui était fondée sur un autre manuscrit
conservé à la bibliothèque d'Oxford en Angleterre. Ensuite, d'autres manuscrits
sont découverts à Venise, à Versailles, à Lyon et à Cambridge. Toutefois celui
d'Oxford présente le plus d'autorité, il est écrit de la main d'un scribe
anglo-normand et date de 1170 environ.
(La chanson de Roland en vieux français)
Les quatre parties de la chanson
La chanson peut être divisée en quatre parties :
1. La trahison de Ganelon : Ganelon, beau-frère de
Charlemagne et beau-père de Roland, jaloux de la préférence de Charlemagne
envers son neveu auquel l'empereur a confié l'arrière-garde de ses armées,
trahit Roland. Il intrigue avec le calife Marsile, roi des Sarrasins pour
s’assurer de la mort de Roland. Cette partie va des laisses 1 à 79 dans la
chanson.
2. La bataille de Roncevaux : Roland et son compagnon le
chevalier Olivier meurent dans la bataille ainsi qu'un grand nombre de
Sarrasins et de Francs. Cette partie va des laisses 80 à 176.
3. La vengeance de Charlemagne sur les Sarrasins : Roland
avait sonné du cor pour alerter Charlemagne mais quand ses armées arrivent pour
secourir l'arrière-garde, le comte est déjà mort. Charlemagne venge alors son
neveu en battant les Sarrasins avec l'aide de Dieu. Cette partie va des laisses
177 à 266.
4. Le jugement de Ganelon : Après la bataille,
Charlemagne fait juger Ganelon qui est condamné à mourir écartelé. Cette partie
va des laisses 267 à 291.




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