HUGUES CAPET
Hugues Capet (né vers 939-941 probablement
à Dourdan, mort le 24 octobre 996 probablement au lieu-dit « Les Juifs », près
de Prasville), duc des Francs (960-987), puis roi des Francs (987-996), fut le
premier souverain de la dynastie capétienne. Fils de Hugues le Grand et de son
épouse Hedwige de Saxe, il est l'héritier des puissants Robertiens, la lignée
qui est en compétition pour le pouvoir avec la dynastie carolingienne et les
grandes familles aristocratiques de Francie aux IXe et Xe siècles, mais par sa
grand-mère paternelle Béatrice de Vermandois il descend également d'un
carolingien, Bernard roi d'Italie, petit-fils de Charlemagne.
La fin du Xe siècle connaît le début d'une révolution
économique et sociale qui allait trouver son apogée vers 1100. Les progrès
agricoles, le début des défrichements et l'augmentation des capacités
d'échanges entraînée par l'introduction du denier d'argent par les premiers
Carolingiens, entraînent une dynamique économique encore timide mais réelle.
Dans le même temps, la fin des invasions et la continuité des guerres
personnelles entraînent la construction des premiers châteaux privés où peuvent
trouver refuge les paysans. En parallèle, la nouvelle élite guerrière, les
chevaliers, entre en concurrence avec l'ancienne aristocratie foncière
carolingienne. Pour canaliser ces nouveaux venus et pour assurer la protection
de leurs biens, l'aristocratie et l'Église soutiennent et exploitent le
mouvement de la paix de Dieu. C'est dans ce contexte qu'Hugues Capet peut
instaurer la dynastie capétienne.
Il bénéficie tout d'abord de l'œuvre politique de son
père qui parvient à contenir les ambitions de Herbert II de Vermandois, puis à
en neutraliser la lignée. Cependant, cela ne peut se faire qu'en aidant les
Carolingiens, pourtant totalement évincés de la course à la couronne depuis la
déchéance de Charles le Simple, à se maintenir. En 960, Hugues Capet hérite du
titre de duc des Francs obtenu par son père en échange de la concession de la
couronne à Louis IV d'Outremer. Mais, avant de parvenir au pouvoir, il doit se
libérer de la tutelle des Ottoniens et éliminer les derniers Carolingiens.
C'est avec le soutien de l'Église, et en particulier de l'évêque Adalbéron de
Reims et de Gerbert d'Aurillac, tous deux proches de la cour ottonienne, qu'il
est enfin élu et sacré roi des Francs en 987.
(Statue du Château de Versailles)
La relative faiblesse d'Hugues Capet est paradoxalement
un atout pour son élection par les autres grandes familles avec le soutien des
Ottoniens, car il est peu menaçant aux yeux des grands vassaux et pour les
ambitions impériales. Cependant, si effectivement le nouveau roi ne parvient
pas à soumettre ses vassaux indisciplinés, son règne voit une modification de
la conception du royaume et du roi. Ainsi, Hugues Capet renoue avec l'Église en
s'entourant systématiquement des principaux évêques et se rapproche de
l'aristocratie en s'alliant avec les grands princes territoriaux (le duc de
Normandie ou le comte d'Anjou), ce qui renforce son trône. Cette histoire du
premier Capétien nous est surtout connue grâce au moine lettré Richer de Reims.
(La France d'Hugues Capet)
La Francia occidentalis se trouve définitivement séparée
de l'Empire et le premier Capétien, comme ses successeurs, met toute son
énergie à créer une dynastie continue en consolidant son pouvoir sur son
domaine et en y associant son fils Robert le Pieux le jour de Noël de l'an 987.
La couronne est effectivement transmise à son fils à sa mort en 996. La
dynastie capétienne qu'il fonde ainsi dure plus de huit siècles et donne
naissance à des lignées de souverains en Espagne, en Italie, en Hongrie, au
Portugal et au Brésil.




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